
L’histoire de Killzone se déroule dans un proche futur. Sur la colonie de Vekta, que les humains ont établie en dehors de la Terre, une invasion se produit. Elle est faite par les Helgasts, militaires séparatistes, qui déciment les forces de l’ISA (l’armée régulière). Seule une force d’élite de l’ISA résiste. Tout au long du jeu, vous pourrez donc jouer un parmi 4 membres de cette équipe, chacun ayant des particularités quand à l’armement. Il est clair que le scénario est classique, mais il reste très efficace, surtout qu’il est servi par des cinématiques très à propos. Il est certain que les Helgasts empruntent beaucoup aux Nazis dans les années 30 : il suffit juste de regarder la scène d’introduction au jeu avec le défilé pour s’en convaincre.

Killzone se devait, à l’annonce faite par Sony, d’être la référence du FPS sur PS2. Pari réussi ? Pas entièrement. Visuellement, Killzone est vraiment un magnifique FPS qui semble exploité parfaitement les capacités de la PS2 (notamment la faible mémoire). On est vraiment un cran au-dessus d’un Time Splitters 2, qui, à mon avis, était la référence FPS sur PS2 jusqu’à maintenant. Le
travail sur les textures est magnifique, le framerate reste relativement constant. Guerilla Games, pour permettre un affichage plus fin, utilise une sorte de mutli-texturing qui permet d’augmenter la résolution de la texture quand on s’approche de l’objet texturé. Cela permet notamment d’avoir des visages assez fin quand on s’approche des personnages, tout en évitant de faire baisser le framerate. Dans la pratique, cela ne se passe pas aussi bien. Il arrive parfois que les textures de haute résolution ne soient pas appliquées et, par exemple, quand on s’approche de son équipier, il possède encore des textures grossières. De même, on a parfois quelques petites problèmes d’affichage : certaines textures ne sont pas collées entre elles. Cependant, rien de réellement majeur dans tout ceci et le jeu reste visuellement très beau avec une
animation fluide… pour une PS2.

Au niveau sonore, c’est du tout bon : les voix sont bien interprétées et correspondent toujours à l’action. Il est un peu dommage, par contre, qu’elles soient légèrement répétitives au niveau des Hellgast… On a l’impression que leur vocabulaire est très réduit. Les bruitages sont excellents, les différentes armes ont un bruit bien distinct, les explosions sont réalistes… Musicalement, c’est un FPS, donc la
musique reste très discrète. On notera qu’elle est l’œuvre de l’Orchestre Philharmonique de Prague, ce qui est un gage de qualité ; on le sent surtout dans les cinématiques, avec un léger côté épique.

La prise en main du jeu est facile. Les menus (en anglais, comme le reste du jeu) sont clairs et très jolis. On navigue facilement dans les options, que ce soit pour un jeu en solo ou pour un jeu en multi. De plus, la première mission est surtout un tutoriel fort bien conçu qui permet rapidement de voir la jouabilité du jeu. On remarquera que, malgré des réglages possibles, les commandes sont très (parfois trop) sensibles, surtout au niveau de la visée. Par contre, on appréciera le réalisme du fusil de sniper avec l’imprécision qu’il apporte, surtout à grande distance : la lunette ne peut pas rester fixe.

Killzone c’est 11 missions qui conduisent le joueur dans la jungle urbaine, dans la forêt… Bref, les environnements sont assez variés et le "level design" est assez recherché. En effet, on se retrouve dès le début dans une tranchée où il faut se balader de place forte en place forte tout en repoussant les attaques ennemies. De plus, chacune des missions est subdivisées en plusieurs parties, afin de rendre la progression plus lente, sachant que la sauvegarde est effectuée à la fin de chacune de ces parties (si l’option a été choisie). Vu que les niveaux sont assez grands et que la difficulté est assez haute (en mode normal), vous aurez besoin d’une quinzaine d’heures pour voir la fin du jeu. Par contre, un peu comme Medal of Honor (ou un Duke Nukem 3D à l’époque), Killzone est trop scripté : par exemple, tant que vous n’aurez pas détruit un tank ou tué un sniper, la trame du jeu n’avancera pas. C’est parfois frustrant et cela fait en sorte que vous n’avez pas plusieurs solutions pour compléter le jeu. Cependant, le script étant bien conçu, on plonge relativement bien dans le jeu et l’histoire. Et un conseil : sachez garder vos munitions d’armes lourdes.

L’armement dans Killzone est assez varié, entre la mitrailleuse lourde, le fusil de sniper, le lance rocket… Le jeu se veut réaliste dans le type d’armement donc pas d’armes fantaisistes, mais plutôt des objets qu’on pourrait retrouver sur nos champs de bataille dans quelques dizaines d’années. Cela, à mon avis, ajoute à la crédibilité, surtout que leur efficacité varie suivant leur utilisation : pas question de détruite un tank avec un simple pistolet ! De plus, vous ne pourrez porter qu’un nombre limité d’armes, donc si vous trouvez une arme sur la route, vous devrez en laissez tomber une autre. Après tout, vous êtes un
homme, pas un Duke. Les ennemis sont quant à eux assez peu variés. Vous combattrez des soldats, des soldats et encore des soldats qui ne se distingueront souvent que par leur armement. De temps à autre, vous aurez face à vous des tanks ou encore des engins volants. Mais cela reste avant tout une guerre de tranchée ou le simple bidasse est l’élément clef. Et cela conduit à une vraie boucherie, surtout que l’intelligence artificielle fait parfois défaut : il n’est pas rare de voir l’ennemi foncer tête baissée sur vous alors que vous avez l’avantage du terrain ou encore voir un des soldats qui vous accompagnent se placer devant vous,
histoire de vous empêcher de viser ! Cependant, en général, ce n’est pas si mal que cela : on voit souvent un Hellgast appelé du renfort ou encore s’abriter lorsque vous lui tirez dessus.

Killzone, c’est aussi le jeu à plusieurs. Vous pouvez tout à fait jouer à deux sur la même PS2. À ce moment-là, l’écran est divisé et vous avez accès aux mêmes modes que le jeu en ligne, sachant que les autres joueurs seront alors des bots gérés par la console. L’animation reste très fluide dans le jeu à deux et permettra de jouer quand votre modem vous fera défaut.

En effet, j’ai malheureusement eu quelques difficultés à tester le mode en ligne (problème de modem), cependant, le jeu semble être assez prometteur avec 5 modes différents : Team DeathMatch, Domintation, Supply Drop, Assault and Defend & Destroy. Le casque USB est vivement conseillé, surtout dans les modes Domination et Assault. Vu que Sony fait de Killzone un de ses fers de lance pour le "online" en cette fin d’année, je pense que vous ne devrez pas avoir de mal à trouver chaussures à votre pied.